La DeLorean DMC-12 est une voiture de sport américaine produite à 8 583 exemplaires entre 1981 et 1983. Échec commercial immédiat — la DeLorean Motor Company fait faillite en 1982 — elle est devenue un mythe mondial grâce à la trilogie Retour vers le futur (1985). Aujourd’hui, environ 6 500 exemplaires circulent encore dans le monde.
Ce qu’il faut retenir
- La DeLorean DMC-12 a été produite à 8 583 exemplaires entre janvier 1981 et début 1983
- Son créateur John DeLorean a fait faillite en 1982, avec 175 millions de dollars de dettes
- La trilogie Retour vers le futur (1985) a transformé la voiture en icône culturelle mondiale alors que DMC n’existait plus depuis 3 ans
- En France, importer une DMC-12 des États-Unis impose une RTI (Réception à Titre Isolé) auprès de la DREAL et l’apposition de plaques françaises homologuées
- Produite avant 1992, la DeLorean est éligible à la carte grise de collection, exonérée de taxe régionale depuis 2021
Qui était John DeLorean, l’homme derrière la voiture ?
John Zachary DeLorean n’était pas un entrepreneur ordinaire. Ingénieur en chef de la division Pontiac dès 1965, il entre dans l’histoire de l’automobile en créant la Pontiac GTO — la première muscle car (voiture américaine à moteur V8 haute performance) en série. En 1969, il prend la tête de Chevrolet, la division phare de General Motors. Il a 44 ans. C’est le poste le plus influent qu’un ingénieur puisse occuper dans l’industrie automobile américaine.
Mais DeLorean est trop excentrique pour la culture corporate de GM. Costume sur mesure, jet privé, relation avec les célébrités de Hollywood : il détonne. En 1973, il quitte General Motors. Non pas poussé vers la sortie — mais par choix, pour lancer sa propre marque. Il crée la DeLorean Motor Company le 24 octobre 1975.
Le financement est atypique. Bank of America figure parmi les créanciers. Mais DeLorean lève aussi des fonds auprès de célébrités — Johnny Carson, Sammy Davis Jr. La voiture n’existe pas encore. Le mythe, lui, commence déjà à se construire.
| Année | Événement clé |
|---|---|
| 1973 | Départ de John DeLorean de General Motors |
| 1975 | Création de la DeLorean Motor Company (24 octobre) |
| 1976 | Premier prototype DMC-12 |
| 1981 | Début de production (21 janvier, usine de Dunmurry, Belfast) |
| 1982 | Arrestation de John DeLorean par le FBI (octobre) + faillite DMC |
| 1985 | Sortie de Retour vers le futur — renaissance culturelle |
| 2022 | Annonce DeLorean Alpha5 électrique à Pebble Beach (concept) |
La DMC-12 : une voiture pensée par trois pays, construite dans un quatrième
La conception de la DMC-12 est une collaboration internationale sans précédent pour une marque indépendante. Quatre pays ont contribué à sa naissance :
- États-Unis : conception initiale et financement (John DeLorean, New York)
- Italie : design extérieur confié à Giorgetto Giugiaro, fondateur d’ItalDesign (Turin) — le même designer que la VW Golf, la Fiat Panda et la BMW M1
- Royaume-Uni : châssis et suspension développés par Colin Chapman, fondateur de Lotus, sur la base de la Lotus Esprit ; production assurée à l’usine de Dunmurry (Belfast, Irlande du Nord), financée à hauteur de 120 millions de dollars par le gouvernement britannique
- France : motorisation assurée par le moteur V6 PRV (acronyme de Peugeot-Renault-Volvo), 2,85 litres, 130 ch, monté en position centrale arrière
La carrosserie est en acier inoxydable AISI 304 non peint, apposé sur une caisse en fibre de verre. Un choix esthétique fort — et un problème pratique majeur. L’inox retient toutes les traces de doigts, se raye au moindre contact et ne peut pas être repeint en usine. Trois exemplaires peints (noir, rouge, jaune) ont été produits en sous-traitance : ils constituent aujourd’hui des pièces de collection particulièrement recherchées.
Les portes papillon (dites gull-wing, en raison de leur ressemblance avec des ailes de mouette) s’inspirent directement de la Mercedes-Benz 300 SL de 1954. Un hommage au design classique, signé par l’Italien Giugiaro. Le prix de lancement annoncé était d’environ 25 000 $ — un positionnement Porsche 911. La réalité commerciale sera tout autre.
Cas concret
Un acheteur américain commande sa DMC-12 en 1981 à 25 000 $. À la livraison, le prix a grimpé à 28 000 $, voire plus selon les options. Pour la même somme, il peut s’offrir une Porsche 911SC. La DMC-12 développe 130 ch. La 911SC en développe 204. Le comparatif est brutal.
Un flop commercial : les chiffres qui ne mentent pas
Le seuil de rentabilité de la DeLorean Motor Company était fixé entre 10 000 et 12 000 véhicules par an. La réalité de la production est sans appel :
| Année | Unités produites | Objectif annuel | Résultat |
|---|---|---|---|
| 1981 | ~6 000 | 12 000 | −50 % |
| 1982 | 1 126 | 12 000 | −91 % |
| Total | 8 583 | — | Faillite déclarée |
Cinq facteurs expliquent cet effondrement :
- Un moteur sous-puissant. Le V6 PRV de 130 ch est insuffisant pour le marché américain des années 1980. La DMC-12 atteint les 100 km/h en 9,5 secondes. Les acheteurs s’attendaient à mieux pour ce prix.
- Une carrosserie ingérable. L’inox non peint se raye, révèle la moindre trace de manipulation et vieillit de façon inégale selon l’exposition au soleil. Un cauchemar pour les propriétaires.
- Des défauts de fabrication à la sortie d’usine. Les premiers exemplaires livrés présentaient des finitions insuffisantes. La réputation s’installe rapidement.
- Un prix supérieur aux prévisions. Le tarif de lancement annoncé à 25 000 $ grimpe à 28 000 $ à la commercialisation, plaçant la DMC-12 face à des concurrentes plus performantes.
- La récession américaine de 1981–1982. Le marché des voitures de sport s’effondre. La demande disparaît au pire moment.
Le coup de grâce intervient le 19 octobre 1982. Le FBI arrête John DeLorean pour tentative de trafic de cocaïne — il cherchait à lever des fonds pour sauver son entreprise. Il sera acquitté en 1984 après que son avocat a démontré une provocation policière. Mais la DeLorean Motor Company, elle, ne se relèvera pas. La faillite est prononcée le 26 octobre 1982, emportant 2 500 emplois.
Comment Retour vers le futur a ressuscité une voiture morte
La faillite de DMC date de 1982. Retour vers le futur sort le 3 juillet 1985 aux États-Unis, en novembre 1985 en France. La voiture était morte depuis trois ans quand le cinéma l’a rendue immortelle.
Le choix de Robert Zemeckis et Bob Gale est avant tout pratique. Les réalisateurs cherchent un véhicule qui ressemble à une machine à voyager dans le temps. Les portes papillon s’ouvrent vers le haut : elles évoquent immédiatement un engin du futur, sans nécessiter de budget d’effets spéciaux supplémentaire. Universal Pictures valide. La DMC-12 devient la machine à voyager dans le temps du Docteur Emmett Brown.
John DeLorean, acquitté depuis un an, voit son ancienne voiture triompher dans les cinémas du monde entier. Il adresse à l’équipe du film une lettre dans laquelle il exprime son admiration. Ce qu’il ne pouvait pas vendre, Hollywood l’a consacré.
Les conséquences sur le marché de l’occasion sont immédiates. Les 6 500 exemplaires encore en circulation voient leur valeur augmenter. Les pièces détachées se raréfient. Une communauté de fans mondiale se structure. La DMC-12 quitte le registre de la voiture d’occasion pour entrer dans celui de la voiture culte au cinéma.
Quarante ans plus tard, la marque tente une résurrection avec la DeLorean Alpha5, un concept électrique annoncé en 2022 à Pebble Beach, dessiné par ItalDesign. En 2026, le projet traverse des difficultés sérieuses : Italdesign a obtenu un jugement jugement arbitral international, exécution forcée demandée en justice fédérale US, pour un montant de 4,6 millions de dollars contre DeLorean Motor Company pour des impayés liés à la conception. Aucune production n’est confirmée à ce jour.
Importer et immatriculer une DeLorean en France : ce qu’il faut savoir
La question finit toujours par se poser : peut-on rouler en France au volant d’une DMC-12 importée des États-Unis ? Oui — sous conditions. La procédure est précise. Elle n’est pas insurmontable, mais elle demande de l’anticipation.
Premier point à retenir : les plaques américaines d’origine (format 300×150 mm, soit 15 × 30 cm) ne sont pas autorisées sur la voie publique française. Une fois immatriculée en France, votre DeLorean devra porter des plaques françaises homologuées au format standard voiture, soit 520 × 110 mm, conformément à l’arrêté du 9 février 2009. Les plaques format USA 300 × 150 mm peuvent être conservées à titre décoratif, en intérieur ou en exposition — jamais sur la voie publique.
La procédure d’immatriculation complète se déroule en six étapes :
- Obtenir le Certificate of Title américain. Ce document équivaut à la carte grise française. Sans lui, aucune démarche en France n’est possible.
- Dédouaner le véhicule à l’entrée en France. TVA à l’import et droits de douane s’appliquent. Prévoyez un transitaire en douane pour cette étape.
- Obtenir une attestation FFVE. La FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Époque) certifie que votre véhicule est éligible au statut de collection. La DMC-12, produite entre 1981 et 1983, dépasse les 30 ans requis depuis 2011. L’attestation coûte 60 €, avec un délai de traitement de 4 à 6 semaines.
- Réaliser la RTI auprès de la DREAL. La RTI (Réception à Titre Isolé) est une procédure d’homologation individuelle obligatoire pour tout véhicule importé hors UE sans certificat de conformité européen. Elle est instruite par la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) de votre région, ou la DRIEAT si vous résidez en Île-de-France. Comptez au minimum 4 mois et entre 86,90 € et plusieurs milliers d’euros si des essais UTAC complémentaires sont requis.
- Demander la carte grise française via l’ANTS. Une fois le procès-verbal de RTI obtenu, la demande s’effectue en ligne sur le site de l’ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés). Avec le statut collection, la taxe régionale est codifiée aux articles L421-67 et suivants du Code des impositions sur les biens et services : Vous ne réglez que les frais fixes de la carte grise (13,76 €) — auxquels s’ajoute, en amont, l’attestation FFVE (60 €), soit 73,76 € au total pour l’ensemble de la démarche. A noter : la loi de finances pour 2026 applique une majoration forfaitaire de 14 € pour tout propriétaire de véhicule résidant en région Île-de-France à partir de mars 2026.
- Apposer des plaques françaises homologuées. À l’issue de l’immatriculation, votre DeLorean doit porter des plaques SIV (Système d’Immatriculation des Véhicules) conformes à l’arrêté du 9 février 2009, au format 520 × 110 mm. Les véhicules compatibles avec le format plaque américain 300 × 150 mm restent une option décorative, jamais réglementaire sur la voie publique.
Un avantage fiscal mérite d’être signalé. La carte grise de collection ouvre également droit aux plaques noires rétro, réservées aux véhicules de collection, et au contrôle technique tous les cinq ans au lieu de deux. En toute conformité, rouler en DeLorean en France est donc possible — à condition d’anticiper les démarches.
Conclusion
La DeLorean DMC-12 incarne le paradoxe automobile par excellence : un flop industriel transformé en légende par le septième art. 8 583 exemplaires produits, une faillite en 1982, et pourtant l’une des voitures les plus reconnues au monde quarante ans plus tard. Pour rouler légalement en France au volant d’une DMC-12 importée, la procédure RTI est incontournable — et les plaques françaises homologuées sont obligatoires. Vérifiez dès maintenant les démarches adaptées à votre situation. Sans mauvaise surprise.
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Sources
- Wikipedia FR — DeLorean DMC-12 : chiffres de production, fiche technique, histoire de la marque 🔗
- Ministère de la Transition Écologique — Homologation des véhicules : RTI, DREAL, arrêté du 9 février 2009 🔗
- FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Époque) — Attestation de datation et statut véhicule de collection 🔗
- Service-Public.fr — Immatriculation d’un véhicule importé 🔗
- ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés) — Demande de carte grise en ligne 🔗
FAQ – Tout savoir sur la DeLorean DMC-12
Combien de DeLorean DMC-12 ont été fabriquées ?
La DeLorean DMC-12 a été produite à 8 583 exemplaires entre janvier 1981 et début 1983 dans l’usine de Dunmurry, en Irlande du Nord. Le seuil de rentabilité était fixé entre 10 000 et 12 000 unités par an. Jamais atteint : la DeLorean Motor Company a fait faillite en 1982. Environ 6 500 exemplaires subsistent aujourd’hui dans le monde.
Pourquoi la DeLorean est-elle devenue culte ?
La DeLorean DMC-12 est devenue culte principalement grâce à la trilogie Retour vers le futur (1985), où elle incarne la machine à voyager dans le temps du Docteur Brown. Paradoxe central : la DeLorean Motor Company avait déjà fait faillite en 1982, trois ans avant la sortie du film. Son design futuriste — portes papillon, carrosserie en acier inoxydable — l’a rendue immédiatement identifiable à l’écran. La rareté des exemplaires restants a ensuite décuplé leur valeur auprès des collectionneurs.
Pourquoi la DeLorean a-t-elle été un échec commercial ?
Cinq facteurs ont conduit à l’échec de la DMC-12. Le moteur V6 PRV de 130 ch était sous-puissant pour le marché américain. La carrosserie en inox était impossible à peindre et difficile à entretenir. La qualité de fabrication des premiers exemplaires était défectueuse. Le prix de vente a dépassé les prévisions initiales. Enfin, la récession américaine de 1981–1982 a effondré la demande. L’arrestation de John DeLorean par le FBI en octobre 1982 a été le coup de grâce définitif.
Peut-on importer une DeLorean des États-Unis en France ?
Oui. L’importation d’une DeLorean des États-Unis en France est possible mais requiert plusieurs étapes obligatoires : dédouanement, attestation FFVE si le véhicule a plus de 30 ans, et RTI (Réception à Titre Isolé) auprès de la DREAL de votre département — obligatoire car la DMC-12 ne dispose pas de réception communautaire européenne. À l’issue de la RTI, la carte grise française est délivrée par l’ANTS.
Quelle plaque d'immatriculation mettre sur une DeLorean importée en France ?
Une DeLorean importée des États-Unis doit être équipée de plaques françaises homologuées après l’obtention de la carte grise française. Les plaques américaines d’origine (format 300×150 mm) ne sont pas autorisées sur la voie publique française. Le format standard français pour une voiture est 520×110 mm, conforme à l’arrêté du 9 février 2009 et à l’homologation UTAC (TPPR). NOTE TECHNIQUE : l’encoche arrière d’origine étant dimensionnée pour le format US (300×152 mm), la plaque française 520×110 mm nécessite un support adapté fixé sur le pare-chocs — à confirmer avec le fabricant de plaques habilité ou l’atelier réalisant la RTI.
La DeLorean est-elle éligible à la carte grise de collection ?
Oui. Tous les exemplaires de la DeLorean DMC-12 ont été produits entre 1981 et 1983, dépassant les 30 ans requis depuis 2011. La carte grise de collection, codifiée aux articles L421-67 et suivants du Code des impositions sur les biens et services, est exonérée de taxe régionale : seuls 13,76 € de frais fixes sont dus à l’ANTS — auxquels s’ajoute en amont l’attestation FFVE (60 €), soit 73,76 € au total pour l’ensemble de la démarche. Ce statut offre également le contrôle technique tous les 5 ans au lieu de 2, et l’accès aux plaques noires rétro.
Quel moteur équipait la DeLorean DMC-12 ?
La DeLorean DMC-12 était équipée du moteur V6 PRV (Peugeot-Renault-Volvo) développant 130 ch, monté en position centrale arrière. Ce moteur a été développé conjointement par Peugeot, Renault et Volvo dans les années 1970. Son manque de puissance relative — insuffisant pour le marché américain des années 1980 — est l’une des causes directes de l’échec commercial de la DMC-12.
Combien vaut une DeLorean DMC-12 aujourd'hui ?
Le prix d’une DeLorean DMC-12 en bon état varie généralement entre 50 000 à 85 000 € pour un exemplaire en bon état sur le marché européen, les mieux préservés pouvant atteindre ou dépasser 100 000 €. La valeur a régulièrement progressé grâce à la rareté et à la demande des collectionneurs.