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Automobilistes, ce nouveau radar covoiturage va-t-il vraiment changer vos trajets ? Réglementation & Homologation
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Automobilistes, ce nouveau radar covoiturage va-t-il vraiment changer vos trajets ?

Le radar covoiturage est un dispositif ACVR (Aide à la Constatation des infractions sur les Voies Réservées) qui détecte par caméra thermique le nombre d’occupants d’un véhicule. S’il ne détecte qu’une seule personne sur une voie réservée active, il photographie la plaque d’immatriculation. L’infraction est ensuite validée par un agent avant envoi d’une amende forfaitaire de 135 €.

Ce qu’il faut retenir

  • Les radars covoiturage (ACVR) sont opérationnels sur le périphérique parisien, l’A1, l’A13 et dans plusieurs métropoles (Lyon, Grenoble, Bordeaux)
  • Ils détectent via caméra infrarouge si le véhicule transporte moins de 2 personnes
  • C’est la plaque d’immatriculation qui est photographiée pour constituer la preuve
  • L’amende forfaitaire est de 135 € (90 € si paiement dans les 15 jours)
  • Cadre légal : arrêté du 19 avril 2024, article R412-7 du Code de la route

Qu’est-ce qu’un radar covoiturage et pourquoi est-il apparu sur vos routes ?

Le radar covoiturage n’est pas un radar de vitesse. C’est un dispositif ACVR (Aide à la Constatation des infractions sur les Voies Réservées), cadre légal distinct, fondé sur l’article L130-9-1 du Code de la route. Son déploiement découle directement de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, qui imposait une expérimentation nationale des voies réservées au covoiturage. L’arrêté du 19 avril 2024, publié au Journal officiel, a formalisé le cadre opérationnel du dispositif ACVR et autorisé la verbalisation automatisée.

Deux notions sont à distinguer. La voie réservée est l’infrastructure : une bande de circulation signalée par un losange blanc, réservée aux véhicules transportant plusieurs personnes. Le radar covoiturage est le dispositif de contrôle installé sur cette voie. L’un peut exister sans l’autre — certaines voies sont encore en phase pédagogique, sans verbalisation.

L’objectif est double : fluidifier le trafic sur les axes saturés et réduire les émissions de CO₂ en incitant au partage des véhicules. Le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) suit l’expérimentation nationale sur 13 sections depuis 2023. Son bilan d’octobre 2025 couvre l’ensemble des axes pilotes.

Sur l’autoroute A1, une voie de 13 kilomètres s’active automatiquement en semaine aux heures de pointe, lorsque la vitesse est limitée à 70 km/h (source : DIR Nord, octobre 2025). Le radar installé en avril 2025 y est opérationnel depuis le 16 octobre 2025.

En résumé

Le dispositif ACVR est fondé sur l’arrêté du 19 avril 2024 et l’article L130-9-1 du Code de la route. Il s’inscrit dans l’expérimentation nationale des voies réservées lancée par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021. Le Cerema en assure le suivi sur 13 sections pilotes.

Voie de covoiturage avec panneau losange blanc signalant le dispositif ACVR de radar covoiturage en France
Une voie réservée au covoiturage est signalée par un panneau losange blanc. Le dispositif ACVR y est installé pour contrôler le nombre d’occupants.

Comment le radar covoiturage détecte-t-il le nombre de passagers à bord ?

Le dispositif ACVR repose sur une caméra thermique infrarouge couplée à un algorithme d’intelligence artificielle. La caméra ne prend pas de photo de l’habitacle : elle capte le rayonnement de chaleur émis par les corps humains. L’algorithme analyse ensuite le nombre de sources thermiques détectées et les compare au seuil minimal exigé sur la voie concernée.

Deux systèmes coexistent en Île-de-France. Le système Fareco est déployé sur le périphérique parisien. Le système Pryntec équipe l’autoroute A13. Leurs technologies sont similaires — caméra infrarouge + IA — mais leurs fournisseurs sont distincts. Aucun concurrent ne mentionne ces deux noms : c’est pourtant l’information utile pour comprendre pourquoi les procédures de verbalisation peuvent différer d’un axe à l’autre.

La séquence complète, de l’activation de la voie à la réception du PV, se déroule en cinq étapes.

Sur le périphérique parisien, le système Fareco analyse le rayonnement infrarouge des occupants. Si le véhicule transporte une seule personne, la plaque d’immatriculation est photographiée automatiquement. Un agent de la police municipale de Paris valide ensuite chaque image avant émission du PV.

Sur certains axes, les véhicules arborant la vignette Crit’Air 0 (électrique ou hydrogène) peuvent être autorisés — uniquement si le pictogramme électrique figure explicitement sur le panneau de signalisation en tête de voie. Ce n’est pas automatique : vérifiez la signalisation locale avant de vous engager.

Les 5 étapes de la verbalisation par un radar covoiturage (système ACVR) — de l’activation de la voie à l’envoi de l’avis de contravention.

Les 5 étapes de la verbalisation par un radar covoiturage (système ACVR) Schéma en 5 étapes : activation de la voie, détection thermique infrarouge, analyse IA, capture de la plaque d’immatriculation, validation humaine et envoi du PV. 1 — Activation Panneau losange blanc allumé 2 — Détection Caméra infrarouge thermique 3 — Analyse IA Comptage des occupants 1 seul occupant 4 — Capture plaque Photo automatique de la plaque 5 — Validation Agent assermenté + envoi PV 135 € Infrastructure / verbalisation Détection automatique Capture de la preuve Source : arrêté du 19 avril 2024 (JORFTEXT000049486714) — Système ACVR

Les 5 étapes de la verbalisation par un radar covoiturage (système ACVR) — de l’activation de la voie à l’envoi de l’avis de contravention.

Pourquoi votre plaque d’immatriculation est au cœur du dispositif

Dans la procédure ACVR, le cliché de la plaque d’immatriculation constitue la pièce à conviction centrale. C’est ce cliché, et lui seul, que l’agent verbalisateur examine pour décider d’émettre ou non l’avis de contravention. Le SIV (Système d’Immatriculation des Véhicules) permet ensuite d’identifier le titulaire de la carte grise à partir du numéro photographié.

Une plaque illisible, encrassée ou mal fixée peut rendre la preuve contestable devant le tribunal de police. Mais attention : une plaque partiellement lisible ne garantit pas l’annulation du PV. L’agent peut estimer que les caractères identifiables suffisent à constituer la preuve. Dans ce cas, la contestation sera plus difficile à défendre.

Rouler avec une plaque non conforme sur une voie de covoiturage active vous expose à un risque cumulé : l’amende plaque immatriculation distincte s’ajoute à la sanction pour usage de la voie réservée. Une plaque illisible sur une voie ACVR, c’est potentiellement deux contraventions le même jour.

Risque cumulé

Votre plaque non conforme sur une voie réservée expose à deux contraventions distinctes : 135 € pour l’usage de la voie réservée (article R412-7 du Code de la route) + 135 € pour plaque illisible ou non conforme (article R317-8 du Code de la route). Soit 270 € en un seul passage.

Quels axes et quelles villes sont équipés en 2026 ?

Tous les axes équipés d’une voie réservée ne verbalisent pas encore. Certains sont en phase pédagogique : les caméras tournent, mais aucun PV n’est émis. D’autres verbalisent activement depuis leur date d’activation. Ce distinguo est absent de tous les articles concurrents — c’est pourtant l’information la plus utile pour l’automobiliste.

État du déploiement des radars covoiturage (ACVR) en France — mis à jour juin 2026. Sources : DIR Nord, Service-Public.fr, Cerema, L’Argus, Métropole de Lyon, Préfecture de l’Isère.
Axe Ville / Région Horaires d’activation Statut verbalisations Source
Périphérique parisien Paris Lun-Ven 7h–10h30 et 16h–20h ✅ Actif depuis le 2 mai 2025 Service-Public.fr
Autoroute A1 Métropole lilloise Heures de pointe, vitesse ≤ 70 km/h (13 km) ✅ Actif depuis le 16 oct. 2025 DIR Nord
Autoroute A13 Île-de-France Lun-Ven 7h–10h (dir. province→Paris, 7 km) ✅ Actif depuis le 2 mai 2025 L’Argus, mai 2025
Axes M6/M7 Métropole lyonnaise 24h/24, 7j/7 (sauf incident) ✅ Actif depuis le 29 juil. 2024 Métropole de Lyon
Autoroute A48 Grenoble Alpes Métropole Selon conditions de trafic (activable à distance) ✅ Actif depuis le 19 sept. 2024 Préfecture de l’Isère
RD936 Bordeaux Métropole ⏳ Voie en aménagement — pas de verbalisation confirmée Conseil Départemental Gironde
D’autres axes en cours Plusieurs métropoles ⏳ Expérimentation en cours Cerema oct. 2025

Le bilan du périphérique parisien est éloquent. Activé le 3 mars 2025 et verbalisateur depuis le 2 mai 2025, il a généré environ 100 000 PV en un an, soit plus de 13,5 millions d’euros perçus (source : L’Argus, mai 2026). Sur l’A1, la verbalisation est effective depuis le 16 octobre 2025 (source : DIR Nord). Chaque PV correspond à 135 €.

Quelles sont les sanctions si vous empruntez seul une voie réservée ?

L’infraction est fondée sur l’article R412-7 du Code de la route. Elle constitue une contravention de 4e classe. Le montant forfaitaire est de 135 €. Ce montant descend à 90 € en cas de paiement dans les 15 jours suivant la réception de l’avis de contravention. Il est majoré si vous dépassez le délai légal de paiement (source : service-public.fr).

Contrairement à ce qu’affirment certaines sources, cette infraction n’entraîne aucun retrait de points sur le permis de conduire. L’article R412-7 III de Légifrance est sans ambiguïté : contravention de 4e classe, sans disposition de réduction de points. La confusion provient d’une erreur de croisement avec l’article R412-28 (sens interdit, qui lui entraîne −4 points). La suspension du permis n’est pas non plus automatiquement prévue pour cette infraction.

Le PV est adressé au titulaire de la carte grise, qu’il soit ou non au volant au moment des faits. C’est le même principe que pour les radars de vitesse automatisés. Sur le périphérique parisien, 100 000 PV ont été émis en un an. Chacun correspond à 135 €. En cas de paiement rapide, le montant descend à 90 €.

Ce que vous risquez

Amende forfaitaire : 135 € (contravention 4e classe, article R412-7). Minorée à 90 € si paiement dans les 15 jours. Majorée au-delà du délai légal. Aucun retrait de points. Pas de suspension automatique du permis. Le PV est adressé au titulaire de la carte grise.

La contestation est possible dans un délai de 45 jours à compter de la réception de l’avis, auprès du tribunal de police compétent. Un motif recevable : une plaque d’immatriculation partiellement illisible rendant l’identification incertaine. Un passager présent pouvant attester de sa présence par tout moyen (attestation, image de bord datée) constitue également un élément de preuve recevable.

Quels véhicules peuvent circuler sur une voie de covoiturage ?

Les règles varient selon l’axe. Vérifiez toujours la signalétique en tête de voie avant de vous y engager. Voici les catégories autorisées selon l’article R412-7 du Code de la route et l’arrêté du 19 avril 2024.

Véhicules autorisés systématiquement :

Véhicules autorisés selon signalisation locale uniquement :

Ce qui ne compte jamais comme passager :

Rouler seul avec un animal à bord, sans passager humain, expose à la même amende de 135 €.

Comment éviter l’amende et adapter votre conduite ?

Quelques réflexes suffisent à rouler sans mauvaise surprise sur ces axes.

Panneau signalétique losange blanc sur fond bleu indiquant une voie réservée au covoiturage avec 2 personnes minimum à bord
Le panneau losange blanc allumé indique que la voie réservée est active et que le radar covoiturage verbalise.

Concernant le système LAPI (Lecture Automatisée de Plaques d’Immatriculation) : il est distinct du dispositif ACVR mais repose sur le même principe de lecture de plaque. Les types de radars en France se sont multipliés ces dernières années — les radars de voies réservées en sont la dernière évolution opérationnelle.

Conclusion : votre plaque est votre première ligne de défense

Les radars covoiturage sont désormais opérationnels sur les principaux axes français. Ils verbalisent. L’amende est réelle : 135 €, sans retrait de points, adressée au titulaire de la carte grise. Sur le périphérique parisien seul, 100 000 PV ont été émis en un an.

Ce que beaucoup ignorent encore : c’est la plaque d’immatriculation qui constitue la pièce à conviction. Une plaque conforme, lisible, bien fixée, c’est une preuve incontestable si vous êtes dans votre droit — et une contestation possible si une erreur a été commise. Vérifiez l’état de votre plaque dès maintenant.

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Sources

FAQ – Radar Covoiturage

Quelle est l'amende pour avoir roulé seul sur une voie de covoiturage ?

Comment le radar covoiturage sait-il combien de personnes sont dans ma voiture ?

Mon chien ou un siège bébé vide comptent-ils comme passager pour le radar ?

Sur quels axes les radars covoiturage sont-ils opérationnels en 2026 ?

Peut-on contester une amende émise par un radar covoiturage ?

Les véhicules électriques peuvent-ils toujours emprunter les voies de covoiturage ?

La voie de covoiturage est-elle active 24h/24 ?

Ma plaque d'immatriculation peut-elle influencer une amende radar covoiturage ?

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